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La tragédie des siècles

Chapitre 32

Les pièges de Satan

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Le conflit qui se livre entre Jésus-Christ et Satan depuis bientôt six mille ans touche à son terme. Aussi Lucifer redouble-t-il d'énergie dans sa tentative de faire échouer l'oeuvre du Sauveur en faveur de l'homme. Retenir les âmes dans les ténèbres et l'impénitence jusqu'à ce que le ministère sacerdotal de Jésus prenne fin et qu'il n'y ait plus de sacrifice pour le péché, tel est son objectif.

Quand son activité ne rencontre point d'obstacles, quand le monde et l'Église sont indifférents, toute appréhension le quitte; en effet, il ne court aucun danger de perdre ceux qui n'aspirent qu'à faire sa volonté. Mais dès que la question des choses éternelles est posée et que des personnes commencent à se demander : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé? » il accourt pour s'opposer au Seigneur et contrecarrer l'influence du Saint-Esprit.

Les Écritures nous apprennent qu'un jour, alors que les anges de Dieu étaient venus se présenter devant le Seigneur, Satan « vint aussi au milieu d'eux » ( Job 1.6 ), non pour se prosterner devant le Roi du ciel, mais pour intriguer contre les justes. Dans la même intention, il se rend là où l'on se réunit pour adorer Dieu. Quoique invisible, il s'emploie activement à imposer ses suggestions aux adorateurs. En habile général, il dresse ses plans à l'avance. Pendant que le messager de Dieu sonde les Écritures, il prend note du sujet qui sera traité. Il use alors de toute son habileté et de toute sa ruse pour diriger les circonstances de manière que ceux qu'il séduit sur ce point précis ne reçoivent pas le message de Dieu. Celui qui en a le plus besoin sera retenu par quelque affaire pressante, ou empêché d'une autre manière d'entendre les vérités qui seraient pour lui une « odeur de vie donnant la vie ».

D'autre part, voyant les serviteurs de Dieu souffrir des ténèbres spirituelles qui enveloppent le monde et demander à Dieu la grâce et la puissance nécessaires pour rompre le charme de l'indifférence, de l'insouciance et de l'indolence, il met en jeu ses artifices avec un redoublement de zèle. Il incite les hommes à émousser leurs sens par l'appétit ou par quelque autre vice, les rendant ainsi incapables d'entendre les avertissements dont ils ont le plus pressant besoin.

Satan sait fort bien que tous ceux qu'il peut amener à négliger la prière et l'étude de la Parole de Dieu succomberont à ses assauts. Aussi invente-t-il toute espèce de distractions. Il y a toujours eu des gens qui, tout en professant la piété, se sont fait une spécialité de critiquer le caractère, les croyances des personnes dont ils ne partagent pas les opinions. Ces accusateurs des frères sont les meilleurs collaborateurs de Satan. Ils sont nombreux et, quand Dieu est à l'oeuvre, ils se montrent d'autant plus actifs. Ils tordent et discréditent les paroles et les actes de ceux qui aiment la vérité et conforment leur vie à ses exigences. Ils traitent d'égarés ou de séducteurs les serviteurs de Dieu les plus fervents et les plus désintéressés. Ils font leur affaire de dénigrer les mobiles de toute action noble et sincère, de répandre des insinuations et de jeter la suspicion dans les âmes candides. Tout moyen leur est bon, pour faire paraître faux et pernicieux ce qui est bon et recommandable.

Mais il n'y a pas lieu de se méprendre à leur sujet : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » ( Matthieu 7.16 ) Il est facile de voir qui est leur père, de quel exemple ils s'inspirent, et de qui ils sont les collaborateurs, car leur travail ressemble parfaitement à celui de Satan, le grand calomniateur, « l'accusateur de nos frères » ( Apocalypse 12.10 ).

Pour égarer les âmes, le séducteur en chef ne manque pas d'agents prêts à répandre toutes les erreurs imaginables. Il engendre diverses hérésies adaptées au goût et aux aptitudes des personnes dont il désire consommer la ruine. Sa tactique est de faire entrer dans l'Église des inconvertis qui y sèmeront le doute et l'incrédulité, entravant ainsi ceux qui désirent voir progresser l'oeuvre de Dieu et progresser avec elle. Des personnes qui n'ont pas une foi réelle en Dieu ou en sa Parole souscrivent à quelques principes de la vérité, passent pour chrétiennes et réussissent à faire prendre leurs erreurs pour des doctrines scripturaires.

L'idée selon laquelle ce que l'on croit a peu d'importance constitue l'une des plus dangereuses séductions de Satan. Il sait que la vérité sanctifie celui qui la reçoit avec Amour; c'est pourquoi il s'efforce constamment de la remplacer par de fausses théories, par des fables, par un autre Évangile. Dès l'origine, les serviteurs de Dieu ont dû lutter contre de faux docteurs qui étaient non seulement des hommes vicieux, mais des propagateurs d'idées fausses et dangereuses. Élie, Jérémie, Paul se dressèrent avec une fermeté inflexible contre les docteurs qui détournaient les hommes de la Parole de Dieu. Le libéralisme qui n'attache aucune importance à la pure doctrine ne trouvait pas grâce aux yeux de ces saints champions de la vérité.

Les interprétations vagues et fantaisistes des Écritures, les nombreuses théories contradictoires qui ont cours dans le monde chrétien et jettent la confusion dans les esprits, sont l'oeuvre de notre grand adversaire. La discorde et les divisions qui séparent les églises chrétiennes sont dues en grande partie à la coutume de tordre les Écritures pour y trouver des arguments destinés à étayer quelque théorie favorite. Au lieu d'étudier la Parole de Dieu avec soin et humilité pour y chercher la connaissance de la volonté de Son auteur, beaucoup de gens n'y cherchent que des choses bizarres ou originales. Pour soutenir des doctrines erronées ou des pratiques non chrétiennes, ils prennent des passages de l'Écriture détachés de leur contexte en se bornant parfois à en citer un demi-verset, alors que la suite du texte donnerait une tout autre idée. Imitant la ruse du serpent, ils se retranchent derrière des déclarations décousues qui semblent confirmer leurs prétentions charnelles. Plusieurs tordent ainsi volontairement la Parole de Dieu. D'autres, qui sont doués d'une vive imagination, s'emparent des figures et des images de la Bible et les interprètent à leur fantaisie sans se mettre en peine du fait que l'Écriture est son propre interprète, quitte à donner leurs rêveries pour les enseignements de la Parole de Dieu.

Quiconque entreprend l'étude des Écritures sans humilité d'esprit et sans disposition à se laisser instruire, détournera de leur vrai sens les passages les plus simples et les plus clairs aussi bien que les plus difficiles. Les docteurs de Rome, choisissant les textes de la Bible qui répondent le mieux à leur but, les interprètent à leur gré, puis les présentent à leurs ouailles, tout en leur interdisant d'étudier les saints Livres pour eux-mêmes. Il faut livrer au peuple la Bible tout entière, telle que Dieu l'a donnée; il serait préférable de le laisser sans instruction religieuse que de lui donner un enseignement falsifié.

Les Écrits sacrés sont destinés à être le guide de quiconque désire connaître la volonté de son Créateur. C'est Dieu qui a donné à l'homme la « parole certaine des prophètes »; les anges et Jésus-Christ en personne sont venus sur la terre pour faire connaître à Daniel et à Jean « les choses qui doivent arriver bientôt ». Les questions importantes qui concernent notre salut n'ont pas été laissées dans le vague, ni enveloppées de mystère. Elles n'ont pas été révélées de façon à intriguer et à égarer celui qui cherche réellement la vérité. Le Seigneur dit par le prophète Habakuk : « Écris la prophétie : grave-la sur des tables, afin qu'on la lise couramment. » ( Habakuk 2.2 ) La Parole de Dieu est claire pour tous ceux qui l'étudient avec un esprit de prière. Toute âme réellement honnête parviendra à la connaissance de la vérité. « La lumière est semée pour le juste. » ( Psaumes 97.11 ) Aucune Église ne peut avancer dans la sainteté tant que ses membres ne recherchent pas la vérité comme on cherche un trésor caché.

Au cri de « largeur chrétienne » une foule de gens aveuglés se jettent dans les pièges d'un adversaire infatigable. Dans la mesure où celui-ci réussit à substituer des spéculations humaines à la Parole de Dieu, la loi divine est supplantée, et, tout en se disant libres, les Églises sont esclaves du péché.

Les recherches scientifiques ont fait la perte d'un grand nombre de personnes. Dieu a permis que, par les découvertes faites dans les sciences et dans les arts, un torrent de lumière se répande sur le monde. Mais si Dieu ne les guide pas dans leurs recherches, les plus puissants génies eux-mêmes se perdent en voulant chercher les rapports existant entre la science et la révélation.

Les connaissances humaines, tant dans le domaine matériel que dans le domaine spirituel, sont partielles et imparfaites; il s'ensuit que plusieurs sont incapables de faire concorder leurs notions scientifiques avec les Écritures. Bien des gens qui ont accepté de simples théories, de pures hypothèses, pour des faits scientifiques, s'imaginent que leur « science faussement ainsi nommée » est la pierre de touche par laquelle il faut éprouver la Parole de Dieu. Et comme le Créateur et ses oeuvres dépassent leur intelligence et qu'ils ne peuvent les expliquer par les lois de la nature, ils en concluent que l'histoire sacrée n'est pas digne de créance. Ceux qui doutent de la véracité des récits de l'Ancien et du Nouveau Testament font trop souvent un pas de plus : ils en viennent à douter de l'existence de Dieu et attribuent à la nature la puissance de l'Être suprême. Leur ancre lâchée, ils vont se briser contre les récifs de l'incrédulité.

C'est ainsi que beaucoup, séduits par le diable, errent loin de la foi. Les hommes ont voulu être plus sages que le Créateur. La philosophie humaine a tenté de sonder et d'expliquer des mystères qui ne seront jamais dévoilés au cours des siècles éternels. Si les gens voulaient se borner à étudier et à comprendre ce que Dieu a révélé touchant Sa personne et Ses desseins, ils obtiendraient une telle vision de la gloire, de la majesté et de la puissance de Jéhovah, qu'écrasés par leur petitesse, ils se contenteraient de ce qui a été révélé pour eux et pour leurs enfants.

Un chef-d'oeuvre de Satan en fait de séduction, c'est sa façon d'entraîner les hommes à la recherche de choses que Dieu ne nous a pas fait connaître, et qu'il ne veut pas que nous comprenions. C'est ainsi que Lucifer a perdu sa place dans le ciel. Commençant par être mécontent de ce que Dieu ne lui révélait pas tous ses desseins, il finit par négliger entièrement ce qui lui était révélé touchant sa mission et la haute position qui lui était assignée. Inoculant son dépit aux anges qui étaient sous ses ordres, il consomma leur perte. Il s'efforce maintenant de communiquer le même esprit aux hommes, et les pousse à méconnaître les commandements de Dieu les plus formels.

Ceux qui ne sont pas disposés à recevoir les vérités claires et précises de la Parole de Dieu sont constamment à la recherche de fables agréables capables de calmer leur conscience. Moins ces doctrines sont spirituelles, moins elles exigent de renoncement et d'humilité, plus grande est leur vogue auprès des gens qui rapetissent leurs facultés intellectuelles pour satisfaire leurs désirs charnels. Trop sages à leurs propres yeux pour sonder les Écritures avec humilité et prière afin d'obtenir les lumiéres d'en haut, elles n'ont rien pour les protéger contre l'erreur, et Satan est prêt à satisfaire leurs aspirations en leur offrant ses sophismes au lieu de la vérité. C'est ainsi que la papauté a réussi à dominer les esprits. Et les protestants, en rejetant la vérité parce qu'elle renferme une croix, suivent la même route. Quiconque abandonne la Parole de Dieu pour assurer ses aises et éviter de faire autrement que tout le monde, finira par tomber dans des aberrations damnables qu'il prendra pour la vraie doctrine. Ceux qui rejettent sciemment la vérité accepteront fatalement les hérésies les plus saugrenues. Tel qui repousse une duperie avec horreur en accueillera une autre avec empressement. Parlant de certaines personnes qui n'ont pas ouvert « leur coeur à l'amour de la vérité qui les aurait sauvées », l'apôtre Paul dit : « Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'[elles] croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés. » ( 2 Thessaloniciens 2.11,12 ) En présence d'un tel avertissement il convient que nous prenions garde aux doctrines que nous recevons.

Au nombre des instruments les plus dangereux du grand séducteur, il faut classer les enseignements trompeurs et les prodiges mensongers du spiritisme. Déguisé en ange de lumière, il tend ses filets là où l'on s'y attend le moins. Si on voulait étudier le Livre de Dieu avec de ferventes prières, on ne serait pas dans l'ignorance en matière de fausses doctrines. Mais dès qu'on rejette la vérité, on devient un terrain fertile pour les aberrations.

Une autre erreur dangereuse, c'est celle qui nie la divinité de Jésus-Christ, aussi bien que son existence antérieure à son incarnation. Bien qu'elle contredise les enseignements les plus positifs du Sauveur touchant ses relations avec le Père, sa nature divine et sa pré existence, cette théorie est acceptée par beaucoup de personnes qui professent croire aux Écritures. On ne peut la soutenir qu'en « tordant les Écritures » de la façon la plus manifeste. Non seulement cette doctrine ravale la conception que l'on se fait de l'oeuvre de la rédemption, mais elle sape par la base la foi en la Bible comme révélation divine. Ce dernier trait la rend d'autant plus dangereuse qu'elle devient plus difficile à réfuter. Il est, en effet, inutile de discuter touchant la divinité du Sauveur avec des gens qui rejettent le témoignage de la Bible. Quelque puissants que soient vos arguments, ils ne produiront pas d'impression sur eux. « L'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu,, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. » ( 1 Corinthiens 2.14 ) Aucun de ceux qui retiennent cette erreur ne peut avoir une juste conception du caractère ou de la mission du Christ, ni du grand plan de Dieu pour la rédemption de l'homme.

Une autre erreur subtile et nuisible qui se répand rapidement, c'est celle d'après laquelle Satan ne serait pas un être personnel, les Écritures ne faisant usage de ce nom que pour symboliser les mauvaises pensées et les mauvais désirs de l'homme.

L'enseignement, si répandu dans le monde chrétien, selon lequel la seconde venue du Seigneur aurait lieu à la mort de chacun est un piège destiné à faire perdre de vue sa venue sur les nuées du ciel. Depuis des années, Satan s'affaire à répéter : « Voici, il est dans les chambres » ( Matthieu 24.26 ), et nombre d'âmes se sont prises et perdues à ce traquenard.

La sagesse selon le monde prétend aussi que la prière n'est pas utile. Des hommes de science enseignent qu'il ne saurait y avoir d'exaucement à nos prières vu que cela serait une violation des lois de la nature, un miracle, et que le miracle n'existe pas. L'univers, disent-ils, est gouverné par des lois immuables, et Dieu lui-même ne fait rien qui leur soit contraire. Ils affirment ainsi que Dieu est lié par ses propres lois, comme si l'action des lois divines était incompatible avec la liberté de Dieu. Un tel enseignement est en contradiction avec celui des Écritures. Est-ce que Jésus et ses apôtres n'ont pas opéré des miracles? Le même Sauveur compatissant n'est-il pas encore vivant aujourd'hui, et tout aussi prêt à exaucer les prières de la foi que lorsqu'il marchait sur la terre, visible aux yeux des mortels? Le monde naturel coopère avec le monde surnaturel. Il entre dans le plan de Dieu de nous accorder, en retour de la prière de la foi, ce que nous n'obtiendrions pas si nous ne le demandions pas.

Les fausses doctrines et les idées fantaisistes qui s'introduisent dans les églises de la chrétienté sont légion. Il est impossible d'évaluer les conséquences néfastes qu'entraîne le déplacement d'un seul jalon posé par la Parole de Dieu. Peu nombreux sont ceux qui, se hasardant à le faire, s'en tiennent à ne rejeter qu'un seul point de la vérité. Le plus grand nombre continue à écarter, l'un après l'autre, tous les principes de la vérité, et finit par tomber dans l'incrédulité.

Maintes âmes, qui auraient pu être croyantes, ont été poussées dans les rangs du scepticisme par les erreurs de la théologie populaire. Incapables d'accepter des doctrines qui outragent leur notion de la justice, de la miséricorde et de la bienveillance – doctrines qu'on leur donne comme scripturaires – elles se refusent à recevoir la Bible comme la Parole de Dieu.

Or, c'est exactement là ce que veut Satan. Il ne désire rien tant que d'ébranler la confiance en Dieu et en sa Parole. Chef de la grande armée de ceux qui doutent, il travaille avec une énergie sauvage à attirer les âmes dans ses rangs. Aujourd'hui, le doute est à la mode. Bien des gens nourrissent une certaine défiance à l'égard de la Parole de Dieu dont ils s'éloignent parce que, comme Son Auteur, elle dévoile et condamne le péché. Ceux qui ne sont pas disposés à lui obéir font tous leurs efforts pour en détruire l'autorité. S'ils la lisent, s'ils entendent ses enseignements prêchés du haut de la chaire, c'est en vue de critiquer soit la Bible, soit le sermon. Nombreux sont ceux qui deviennent incrédules simplement pour justifier la négligence de leurs devoirs. D'autres adoptent le scepticisme soit par orgueil, soit par indolence. Trop soucieux de leurs aises pour oser se distinguer par l'accomplissement d'une action louable exigeant des efforts et du renoncement, ils cherchent à se faire une réputation de haute sagesse en critiquant le saint Livre.

Il y a dans la Bible bien des choses que l'intelligence humaine non éclairée par la sagesse divine ne peut comprendre, et qui donnent lieu à la critique. Beaucoup de personnes semblent croire que c'est une vertu de se ranger du côté du scepticisme et de l'incrédulité. Sous une apparence de candeur, ces personnes sont en réalité victimes de leur orgueil et du sentiment de leur supériorité. Plusieurs trouvent aussi leur plaisir à chercher dans les Écritures matière à embarrasser les esprits. Ils critiquent par simple amour de la discussion, ne voyant pas qu'ils se jettent ainsi dans le filet de l'oiseleur. Puis, ayant ouvertement exprimé des sentiments d'incrédulité, il se sentent en quelque sorte obligés de maintenir leurs positions. C'est ainsi qu'ils s'unissent aux impies et finissent par se fermer, les portes du paradis. Dieu a donné aux hommes une base ferme pour y asseoir leur foi. Il a placé dans les Écritures des preuves suffisantes de leur divine origine. Les grandes vérités relatives à notre rédemption y sont clairement exposées. Avec l'aide du Saint-Esprit, qui est promis à tous ceux qui le demandent sincèrement, chacun peut comprendre ces vérités.

Cela dit, il faut reconnaître que l'esprit borné de l'homme n'est pas capable de comprendre parfaitement les plans et les desseins de l'Infini. Jamais on ne sondera les profondeurs de Dieu. Que nul ne tente de soulever d'une main présomptueuse le voile derrière lequel il dissimule Sa majesté. « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! » s'écrie l'apôtre. « Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! » ( Romain 11.33 ) Ce qu'on peut comprendre des voies de Dieu et de ses mobiles envers nous, c'est une miséricorde et un amour infinis, unis à Sa toute-puissance. Notre Père céleste ordonne toutes choses avec sagesse et justice : aussi nous convient-il de ne témoigner ni mécontentement ni méfiance, mais de nous incliner avec une soumission respectueuse. Il nous révélera de Ses desseins tout ce qui pourra concourir à notre bien; pour le reste, ayons confiance en Sa main puissante et en Son amour.

Quoique Dieu ait donné des preuves suffisantes pour soutenir notre foi, il n'enlèvera jamais toutes les raisons de ne pas croire. Ceux qui cherchent des échappatoires en trouveront. Et ceux qui refusent d'accepter la Parole de Dieu et de lui obéir jusqu'à ce que toutes leurs objections soient levées et qu'aient disparu tous les prétextes de douter, ne parviendront jamais à la lumière.

La méfiance envers Dieu est le fruit du coeur naturel qui a de l'inimitié pour Dieu. La foi, en revanche, est un fruit de l'Esprit qui ne prospère que là où l'Esprit est apprécié. Nul ne peut devenir fort en la foi sans un effort persévérant. De même, l'incrédulité se fortifie par la culture. Celui qui, au lieu de méditer les preuves que Dieu lui a données pour fortifier sa foi, se permet de contester et d'ergoter, s'enfoncera de plus en plus dans le doute.

Or, ceux qui doutent des promesses de Dieu et se défient des assurances de Sa grâce le déshonorent; leur influence éloigne les âmes de Jésus au lieu de les attirer à lui. Arbres stériles, leur vaste ramure intercepte les rayons solaires et fait péricliter et périr les plantes sous leur ombre glaciale. L'oeuvre de ces douteurs sera un témoignage permanent contre eux. Les semences de doute et de scepticisme qu'ils ont jetées produiront infailliblement leur moisson.

Ceux qui désirent honnêtement s'affranchir du doute n'ont qu'une chose à faire. Au lieu de contester et de raisonner au sujet de ce qu'ils ne comprennent pas, qu'ils mettent à profit la lumière qui brille déjà sur leur sentier et celle-ci ira en augmentant. Qu'ils s'acquittent de tous les devoirs qui leur sont évidents, et ils ne tarderont pas à comprendre et à accomplir ceux au sujet desquels ils sont actuellement dans le doute.

Satan peut offrir des contrefaçons assez ressemblantes de la vérité à ceux qui veulent bien se laisser séduire et qui désirent éviter le renoncement et le sacrifice. Mais il lui est impossible de retenir sous son empire une seule âme honnête qui veut à tout prix connaître la vérité. Jésus-Christ est la vérité et « la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme » ( Jean 1.9 ). L'Esprit de vérité est venu dans le monde pour guider les hommes dans toute la vérité. Le Fils de Dieu dit, en effet « Cherchez, et vous trouverez. » « Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu. » ( Matthieu 7.7; Jean 7.17 )

Les disciples de Jésus ne se font qu'une faible idée des complots que Satan et ses suppôts ourdissent contre eux. Mais celui qui siège dans les cieux fera tout concourir à l'accomplissement de ses profonds desseins. Si le Seigneur permet que ses enfants passent par la fournaise de l'affliction, cela ne signifie pas qu'il prend plaisir à leur détresse et à leur souffrance, mais c'est parce que ces épreuves sont nécessaires à leur victoire finale. Les mettre à l'abri de toute tentation ne contribue pas à Sa gloire, puisque le but même de leur épreuve est de les rendre capables de résister aux attraits du mal.

Si les croyants comptent sur les promesses de Dieu, s'ils confessent et délaissent leurs péchés, et offrent à leur Père céleste des coeurs soumis et contrits, ni les impies, ni les démons ne pourront enrayer l'oeuvre de Dieu ou voiler Sa présence à Ses serviteurs. Ils triompheront de toute tentation et de toute influence adverse, ouverte ou secrète; car « ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon Esprit » ( Zacharie 4.6 ), dit l'Éternel des armées, que s'accomplira cette oeuvre.

« Les yeux du Seigneur sont sur les justes et Ses oreilles sont attentives à leur prière.... Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien? " ( 1 Pierre 3.12, 13 ) Quand Balaam, ébloui par la perspective d'une haute récompense, eut tenté par des enchantements et par des sacrifices à l'Éternel d'appeler le malheur sur Israël, et s'aperçut que l'Esprit de Dieu l'en empêchait, ce prophète infidèle fut contraint de s'écrier : « Comment maudirais-je celui que Dieu n'a point maudit? Comment serais-je irrité quand l'Éternel n'est point irrité?... Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur! » Après un nouveau sacrifice, le prophète apostat s'écria : « Voici, j'ai reçu l'ordre de bénir; il a béni, je ne le révoquerai point. Il n'aperçoit point d'iniquité en Jacob, il ne voit point d'injustice en Israël; l'Éternel, son Dieu, est avec lui, il est son roi, l'objet de son allégresse... L'enchantement ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël; au temps marqué, il sera dit à Jacob et à Israël quelle est l'oeuvre de Dieu. » ( Nombres 23.8, 10, 20, 21, 23; 24.9 ) Une troisième fois, Balaam fit ériger des autels en vue d'obtenir une malédiction. Mais, par les lèvres rebelles du prophète, l'Esprit de Dieu fit proclamer la prospérité de ses élus, et censura la folie et la malignité de leurs ennemis : « Béni soit quiconque te bénira, et maudit soit quiconque te maudira! » ( Nombre 24.9 )

Le peuple d'Israël était alors fidèle à Dieu. Aussi longtemps qu'il lui resta attaché, il n'y eut ni sur la terre, ni dans les enfers aucune puissance capable de lui résister. Mais la malédiction que Balaam ne put faire venir sur le peuple de Dieu, il réussit enfin à la lui attirer en le faisant tomber dans le péché.

Satan sait très bien que toute la puissance de l'armée des ténèbres ne peut rien contre l'âme la plus faible qui se cramponne à Jésus-Christ, et que, s'il l'attaquait ouvertement, il essuierait une défaite. Alors, embusqué avec ses suppôts, il s'ingénie à faire sortir les soldats de la croix hors de leur forteresse, prêt à abattre tous ceux qui s'aventureront sur son terrain. Notre seule sécurité se trouve dans une humble confiance en Dieu et dans une obéissance intégrale à tous Ses commandements.

Sans la prière, nul n'est en sûreté un seul jour ni une seule heure. Supplions tout spécialement le Seigneur de nous donner l'intelligence de Sa Parole où sont dévoilés les pièges de Satan, ainsi que les moyens d'y échapper. Le diable est expert dans l'art de citer les Écritures et de les interpréter à sa façon pour nous faire trébucher. Étudions-les donc avec humilité, sans jamais perdre de vue notre dépendance de Dieu. Tout en nous tenant constamment sur nos gardes contre les artifices du Malin, répétons avec foi : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation! »